Impressionnante chute : 50 % d'Alojamento Local en moins à Lisbonne, 6 mois de retard pour enregistrer les nouveaux biens

La fin d’un cycle ? Juste avant la mise en place des nouvelles réglementations d’Alojamento Local (location saisonnière) dans la capitale portugaise en octobre 2018, il y a eu une ruée vers les guichets d’enregistrement de biens immobiliers. Certains n’ont pas pu encore être enregistrés et les retards s’accumulent, jusque 6 mois pour certains propriétaires qui ne peuvent toujours pas mettre leur bien en location sur les plateformes comme Airbnb et consœurs. En effet les autorités municipales de Lisbonne sont débordées et n’arrivent pas à traiter les dossiers qui leur sont parvenus en septembre et octobre de l’année dernière. Aussi, les nouvelles lois sur l’Alojamento Local ont entrainé une baisse de la moitié des nouveaux enregistrements de biens immobiliers pour la location saisonnière dans la capitale portugaise. Serait-ce la fin d’un cycle pour Lisbonne ? Sera-t-il plus facile de trouver un appartement en location longue durée ? Lisbob, l’assistant des expats au Portugal, vous dit tout sur la baisse des nouveaux logements en location saisonnière à Lisbonne.

Il y a eu un boom des nouvelles demandes d’Alojamento Local à Lisbonne

Il y a eu un boom des nouvelles demandes d’Alojamento Local à Lisbonne

Des retards jusque 6 mois et des propriétaires pénalisés

 

En octobre dernier, dans les jours qui ont précédé l'entrée en vigueur de la nouvelle loi concernant l’Alojamento Local, des files d'attente ont été enregistrées à Lisbonne pour enregistrer de nouveaux logements en location saisonnière AL. Depuis lors, les nouvelles inscriptions ont chuté, et heureusement pour les agents des autorités compétentes. En effet selon le registre national du tourisme (RNT), entre décembre 2018 et février de cette année, 522 nouvelles demandes d’Alojamento Local ont été enregistrées à Lisbonne. Un an plus tôt, pendant la même période la capitale portugaise en avait reçu 1.105. En un an, le rythme de croissance de l’AL dans la capitale s’est ralenti de moitié.

 

Les chiffres sont encore plus significatifs par rapport à la période antérieure à l'entrée en vigueur de la loi. Entre le 1er septembre et le 22 octobre 2018, soit juste avant la mise en place de la nouvelle réglementation 2.500 nouveaux biens ont été enregistrés en Alojamento Local à Lisbonne. Un an plus tôt, le même jour, 524 enregistrements avaient été enregistrés. Cela montre que les propriétaires se sont rués pour pouvoir enregistrer leur bien immobilier et le mettre en location saisonnière sur des plateformes comme Airbnb.

Près de 50 % de demandes d’Alojamento Local en moins à Lisbonne

Près de 50 % de demandes d’Alojamento Local en moins à Lisbonne

Des nouvelles lois contraignantes : la fin des abus à Lisbonne ?

 

La nouvelle loi sur la location saisonnière a imposé des mesures dans la capitale portugaise telles que la limitation du nombre d'établissements qu'un propriétaire peut avoir pour son compte. À Lisbonne, cela a coïncidé avec la création de zones de confinement dans les lieux les plus touchés par le phénomène, tels que Alfama ou Mouraria, ou plus d’un tiers des habitations sont réservées aux touristes qui viennent séjourner et visiter Lisbonne.

 

Selon Eduardo Miranda, président de l'Association de l’Alojamento Local du Portugal (ALEP), le ralentissement du rythme des inscriptions est normal et même bénéfique pour le marché, car il montre qu'une phase de "maturité" est en cours. Et cela garantit que la demande touristique pour ce type d'hébergement reste élevée.

 

"À Lisbonne, le boom des enregistrements a été une réaction presque émotionnelle, mais dans la pratique, cela ne signifiait pas une croissance effective du logement local, car nombre d'entre eux n'avaient pas démarré leurs opérations. Il y avait un mouvement atypique à cause des zones de confinement", explique-t-il.

Eduardo Miranda explique que, dans la mesure où la location saisonnière est un phénomène relativement nouveau dans les milieux urbains, "l’attrait initial est grand, mais il arrive un temps où l’offre ne peut pas continuer à croître à des taux supérieurs à la demande", à 30% ou 40% par an, comme c'était le cas jusqu'à l'année dernière. "Il est donc positif que cette croissance soit plus progressive."

 

Au total, il existe actuellement à Lisbonne près de 18.000 enregistrements de propriétés dans des hébergements locaux. Le thème sera abordé jeudi au Gulbenkian, lors d’une conférence organisée par l’Ordre des avocats, qui traitera des «tensions et défis» de la location saisonnière dans la capitale portugaise, en particulier en ce qui concerne l’aménagement du territoire, la construction ou le tourisme.

Serait-ce la fin d’un cycle à Lisbonne ?

Serait-ce la fin d’un cycle à Lisbonne ?

L’Alojamento Local sort "rassurée" du Parlement

 

Eduardo Miranda était ce mardi au Parlement portugais afin de discuter de la nouvelle loi des bases du logement. L'enjeu était le projet de loi du PS, qui prévoyait une mesure qui inquiétait les propriétaires d’Alojamento Local.

 

En effet selon leur proposition, les maisons enregistrées comme location saisonnière devraient demander aux autorités locales une "autorisation d'utilisation spécifique à ces fins". Une mesure qui, selon Eduardo Miranda, aurait un impact "catastrophique" sur le tourisme au Portugal, où près de 100% des alojamento local sont à usage de logement et non touristiques. Une opinion partagée par les représentants de l’Association de l’hôtellerie, de la restauration et des institutions analogues du Portugal (AHRESP).

 

Cependant, comme le rapporte Jornal de Negócios, Helena Roseta, députée du parti socialiste et auteur du projet de loi, a laissé entendre que cette mesure ne devrait tout de même pas avancer. "Il y a une forte probabilité que cela sera retiré", a-t-il déclaré, "mais je pense que nous ne nous reposerons qu'après le texte final, je pense que les députés ont compris qu'un tel changement aurait un impact catastrophique sur le tourisme mais aussi pour le tourisme dans son ensemble ", déclare Eduardo Miranda.

 

Selon Ana Jacinto, secrétaire générale de l’AHRESP, l’hébergement représente 1% du PIB de la région métropolitaine de Lisbonne, tirant parti de plus de 60% des logements qui étaient inoccupés.

Article traduit du site dn.pt


L’avis de Lisbob :

L’impact « catastrophique » évoqué par le président de l'Association de l’Alojamento Local du Portugal, serait-il plus ou moins important que la situation actuellement rencontrée par les personnes qui vivent dans la capitale portugaise, à savoir devoir payer hors de prix des logements bas de gamme et en plus difficile à trouver ? Une meilleure protection des habitant actuels et des personnes en difficulté ne serait-elle pas une priorité plus importante pour le Portugal et les portugais ?

Lorsque l’on évoque le poids économique de l’Alojamento Local (1%) dans le poids du PIB du Portugal, on oublie d’évoquer l’ensemble des loyers payés par l’ensemble des personnes vivant au Portugal et qui paient leur loyer même hors-saison !

Aussi, lorsque Lisbonne a décrété ces nouvelles lois, elle a entrainé une ruée vers les guichets pour l'enregistrement de nouveaux biens, et certains propriétaires ont fait n'importe quoi.

Néanmoins, les nouvelles lois pour réguler l’Alojamento Local sont un premier pas dans la bonne direction mais son bien insuffisantes pour réguler quoique ce soit.


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